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Générique

(Tous nos remerciements à Suzy Lelièvre et Marie-Lise.)


L'arpenteur

Michel Ganozzi habite depuis 1978 aux Minguettes à Vénissieux. Il est âgé de 65 ans. Depuis son arrivée aux Minguettes, il a participé à la vie de son quartier sous des formes multiples. Il a suivi au plus proche contact des jeunes et des familles les péripéties de "l'été chaud" de 1981, puis les évènements de 1983 et les débuts de ce qui allait donner "la marche" (à laquelle il n'a pas participé pour marquer son désaccord).

Très tôt opposé à la politique du logement menée par la municipalité de gauche (et bien entendu son corollaire sécuritaire et répressif

qui n'a jamais cessé...), il a mené une activité et une réflexion contre les quotas, la répartition équitable, les logements vacants puis les démolitions et actuellement la politique de renouvellement urbain et de mixité sociale qui en sont l'aboutissement cynique.

Il a participé en tant que responsable au milieu des années 80 à la coordination pour le droit au logement qui avait développé un mouvement de protestation contre la politique de refus de loger les "immigrés", et qui s'était traduit par des occupations de logements sur l'agglomération lyonnaise.


Natacha Flandin, Jérome Leguay, Christophe Pornon


Natacha Flandin, Jérome Leguay et Christophe Pornon, ont réalisé avec Stéphane Berger et Didier Py le livre:

"Une révolte en toute logique.
 Des banlieues en colère.
 Novembre 2005."


édité par l’Archipel des pirates

Quatrième de couverture:

Le 27 octobre, à Clichy-sous-Bois, trois adolescents poursuivis par des policiers se réfugient dans un transformateur électrique. Deux d'entre-eux, Zyed Benna et Bouna Traoré, meurent électrocutés. Le troisième, Muhittin Altun, est gravement brûlé. Voilà une des violences de l'Etat ! Il aurait pu n’y avoir qu'une manifestation silencieuse et quelques nuits d'échauffourées. Les jeunes en décidèrent autrement. Une, puis dix, puis cent cités prirent feu ! Ils désignèrent un responsable, Sarkozy, et demandèrent sa démission. Nous n'avons pas oublié ces deux morts, les blessures, cette révolte, les violences et la brutalité de l'Etat. Ce que nous appelons "une révolte en toute logique" a été un surgissement. Le surgissement d'une partie de la jeunesse de ce pays, contrôlée, humiliée, méprisée, utilisée, appelée si nécessaire au besoin du sport national qu'est devenu tout scrutin électoral.

Leur avenir ne devrait se résumer qu’à devoir subir que les pratiques de la police et être éduqués aux "bonnes" manières de la République. Il y a eu consensus pour étouffer toute parole, éteindre tous les feux. D'où l'ironie du reproche qui consista à dire : cette révolte fut sans parole. Il y a eu un silence quasi général du reste du pays, c'est certain. Le possible d'une rencontre, un moment politique, n'a pas eu lieu. Dans ce silence, rempli d'un vacarme méprisable et méprisant à l'égard de ce qui se passait, il y eut des voix. Celles de quelques jeunes, de quelques familles, de quelques intellectuels, de quelques "quelconques". La décision de rendre visible, de tenir le point qu'il y a une importance considérable à faire trace de ce moment et de ces voix, nous la livrons, à qui voudra bien engager cet effort du parcours que nous proposons. Nous ne proposons que cela.

  • Des enquêtes avec un jeune, une famille, un avocat, un détenu, des élèves, des professeurs, Jym écrivant d’outre mer.
  • Des interventions de F. Athané, A. Badiou, S. Beaud, F. Blum, Y. M. Boutang, M. Ganozzi, J.C. Montel, M. Pialoux, G. Régnier, Divercité et Ici et Là-bas.
  • Des témoignages et des documents.

Mars 2006: A ce jour, l'amnistie générale pour tous les jeunes condamnés reste un enjeu.


Raphaël Kuntz

Raphaël Kuntz (raphael.kuntz.tv) développe depuis plusieurs années une recherche plastique autour de la représentation de la ville. Il intervient dans les espaces urbains et particulièrement dans les zones d'activités périphériques. Attaché à un cadre pluridisciplinaire, ses medias de prédilections sont la vidéo, la photographie et la 3D.

Issu du film d'animation et des effets spéciaux, son parcours l'a conduit vers le cinéma et le tournage en image réelle. En associant sa sensibilité aux paysages de transit, aux parkings, aux zones, aux lotissements et aux cités, s'est tout naturellement qu'il c'est associé à la réalisation du « Carnet d'un arpenteur ». Cette réalisation lui a permis de s'investir dans une approche indépendante tout en soutenant le regard singulier de Michel Ganozzi.